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L'œil du pratiquant : interview de Dominique BERNARD


Quelles sont les disciplines que tu pratiques et depuis quand ? depuis quand enseignes-tu ?


En septembre 1980, je poussais pour la première fois les portes de l’EBDO (école bisontine des disciplines orientales) pour y apprendre l’aïkibudo auprès de Lionel OUDART. En novembre 1981 des raisons professionnelles m’ont éloigné des tatamis jusqu’en 1984. J’ai été reconnu 1er dan d’aïkibudo en 1989 et moniteur fédéral de la FFAAA la même année. Je suis animateur fédéral de la FSCF depuis 2004. J’ai débuté le katori shinto ryu en 1987, mais très rapidement l’on m’a demandé de l’enseigner, ce que je fais depuis 1989. J’ai obtenu mon 1er dan en 1994 et mon 2éme dan de la FFKSR en 1996. En 1999, pour la deuxième fois, j’ai poussé la porte de l’EBDO. Lionel OUDART m’a reconnu au 3ème degré bugeisha de l’AIRBJ en 2003. En 2014 j’ai commencé des cours particuliers de yoga auprès de Lionel, et sur insistance d’amis, je l’enseigne depuis 2016.


Quel âge as-tu ? y a-t-il un âge pour commencer ces pratiques selon toi ?


J’ai bientôt 65 ans. Je vais donc passer dans la catégorie Covidienne à risque. Selon la formule consacrée de 7 à 77 ans. Ce qui veut dire qu’il n’y a pas d’âge pour pratiquer. Julien MOREAUX a commencé à l’âge de 5 ans, et j’espère pratiquer le plus longtemps possible et si possible au-delàs des 77 ans.


Quelles sont les raisons qui t’ont amené à pratiquer ces disciplines ?


Dans mon adolescence j’ai pratiqué la gymnastique et le football. Pendant mon service militaire j’ai découvert le judo, et c’est ainsi qu’au sortir du service j’ai poussé la porte de l’EBDO pour pratiquer l’aïkibudo, puis très rapidement c’est la passion du katori shinto ryu qui l’a emporté. En avançant dans l’âge mon corps me demandait que je m’occupe de lui. En 2014, j’ai donc pris des cours particuliers de yoga auprès de Lionel OUDART.


Comment s’appelle ton ou tes clubs ? Ou se situe-t-il ? combien as-tu d’élèves ?


L’USN Budo, association loi 1901 basée à Novillars, a été créée en 1990 et compte en moyenne une quinzaine de pratiquants. Les enseignements dispensés sont l’aïkibugei, le katori shinto ryu et le kobudo.

Vivre Autrement, association loi 1901, basée à Roche-Lez-Beaupré, a été créée en 2016. Une vingtaine de licenciés y pratiquent le yoga.

Depuis septembre 2020, j’anime (lorsque nous ne sommes pas en confinement ou en couvre-feu) une section yoga de l’association EVATO.


Quel est le profil de tes élèves ?


Mes élèves ont un beau profil (un bel aspect du visage). Plus sérieusement, il y a d’anciens élèves de Lionel Oudart, en yoga et en katori, et de nouveaux pratiquants. En katori, je ne peux que constater l’absence de nouveaux pratiquants. Le yoga est en vogue, et de nouveau pratiquants viennent grossir les rangs. Mais qu’en sera-t-il après cet épisode de la Covid?

Proposes-tu des cours particuliers ?

Je ne propose pas de cours particulier. Je suis un farouche partisan du don de soi au travers de l’associatif, pour le partage qu’il suscite.


C’est quoi la méthode Oudart pour toi ? En quoi ta pratique est-elle différente des clubs de sports classiques ?

Ce sont des cours bien structurés, qui permettent à chacun de progresser à son rythme. C’est également une hiérarchie horizontale de l’enseignement, qui inclut cependant une étiquette japonaise rigoureuse et respectueuse du placement de chacun au sein de l’école. Cela est démontré lors des saluts de début et de fin de cours. Dans ma pratique du katori j’ai eu deux enseignements techniques. Dans un premier temps celui d’Alain FLOQUET et le second de Lionel OUDART. La différence de ces deux enseignements est sur le fond de l’enseignement transmis par Yoshio SUGINO. Les enseignements que j’ai eu d’Alain FLOQUET, lors des stages que j’ai suivis à TEMPLE SUR LOT, LAGORD, VANVES, LEVIER, etc., se caractérisaient par une fluctuation du fond, pour des raisons qui ne nous étaient pas expliquées. Avec Lionel OUDART j’ai trouvé de bonnes bases, immuables et bien expliquées constituant les fondations de l’enseignement de Yoshio SUGINO. L’intelligence de Lionel OUDART est d’avoir placé dans le KOBUJUTSU toutes les variations possibles de ce fond, afin de ne pas le polluer et d’enrichir notre compréhension. Il y a également introduit une pratique différente des armes traditionnelles japonaises par l’ouverture à d’autres écoles et en y ajoutant le JO. Il en a fait un outil de liaison entre les armes et les techniques à mains nues.


Quelle est de ta technique préférée/ ton geste préféré/ta posture préférée en yoga ?


En katori, plus qu’un geste c’est une attitude, MAKOTO (la sincérité) que chacun porte en soi et au travers de sa pratique. En yoga c’est le recueillement posture dite du cadavre, car elle m’a permis de débloquer une tension des lombaires due à un spondylolisthésis entre L5 et L6. C’est peut-être également le fait que je m’éloigne chaque jour de ma naissance et que je me rapproche du jour où je quitterai cette terre. Il faut bien s’habituer à cette posture éternelle.


Un adjectif ou un mot qui te résume dans ta pratique ?


Sourire


Un message pour la jeune génération ?


Soyez les gardiens du fond de l’enseignement du Katori Shinto Ryu, tel que nous l’a transmis Yoshio SUGINO par le biais de Lionel OUDART, et soyez les créateurs des multiples possibilités qu’offre cet art allié aux techniques à mains nues, en poursuivant le KOBUJUTSU de Lionel OUDART.



Dominique Bernard derrière Yoshio Sugino senseï et Hatakeyama senseï (dojo kun au Japon)

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